L'Arabe
Certaines personnes marquent votre vie au fer rouge, laissant sur la fine pellicule de votre cœur une trace indélébile qui ne fait que s’accentuer avec le temps. Douleur, peine, mélancolie, amour enflammé du passé qu’on ne saurait oublier.
Mon père fut l’une de ces personnes. Mon héros d’abord, il devint vite mon cauchemar. Un jouet entre ses mains, il injectait dans mes veines la peur et la haine de tous ces gens qui n’ont pas la même couleur que nous. Combien de fois m’a-t-il pris de côté, ses yeux bleus remplis de rage, me lançant son poison au visage : « Fuis-les comme la peste ! »
À l'aube de mes dix-huit ans, c'est pourtant lui que je fuis. Seule et sans repères, quittant le seul monde que j’eusse connu, j’avais décidé de choisir la liberté. Mais la vie nous réserve parfois des surprises. À peine étais-je parti que je tombai entre ses griffes. Mohammed C. L’Arabe que mon père m’avait toujours dit de ne jamais rencontrer.